Voici un plan de séance complet, structuré et puissant pour travailler chinkuchi (沈墜勁) exclusivement dans l’esprit du Bubishi, adapté à des pratiquants confirmés.
Je t’ai préparé quelque chose de dense, technique et immédiatement exploitable en dojo, avec un fil conducteur clair : développer l’enracinement explosif propre au chinkuchi, puis l’appliquer aux principes internes et aux situations tactiques du Bubishi.
Plan de séance : Chinkuchi appliqué au Bubishi
Durée totale : 1h10 – 1h20
1. Mise en route interne (10 minutes)
Objectif : placer le corps dans les conditions du chinkuchi avant tout travail martial.
1.1 Respiration descendante (3 min)
Inspirez en élargissant costal.
Expirez en relâchant dans les hanches.
Visualisez : le poids descend au hara, puis dans le sol.
1.2 Alignement axial (3 min)
Huiyin tiré légèrement vers l’avant et le haut.
Mingmen arrondi.
Sternum détendu.
Sentir la “colonne d’eau” interne.
1.3 Micro-tensions structurelles (4 min)
Extension des doigts (comme dans les dessins du Bubishi).
Coude lourd.
Épaule tombante.
Taille vivante (koshi).
But : retrouver le corps “monobloc mais vibrant” du chinkuchi.
2. Drills fondamentaux chinkuchi (15 minutes)
2.1 Chinkuchi snap – poing vertical (5 min)
Exécution :
Frappe courte, à 10 cm de distance.
Pas d’élan.
Dantian qui contracte-expulse, puis se relâche.
Le poing ne “pousse” pas : il explose.
Focalisation :
Coude lourd.
Avant-bras spirale légère.
Pieds vissés dans le sol.
2.2 Kote-awase interne (5 min)
À deux : avant-bras contre avant-bras, pression légère.
Activation brusque du chinkuchi pour désaxer l’autre.
Objectif : sentir la micro-onde interne qui traverse le corps.
2.3 Te-ashi ondo (5 min)
Coordination main-pied avec chinkuchi instantané.
Exemple : pas glissé + shuto ou nukite explosif.
Travail dans les trois hauteurs (jodan/chudan/gedan).
3. Applications Bubishi – Section “Mains lourdes” (20 minutes)
3.1 Kake-te + chinkuchi (6 min)
Objectif : transformer une saisie/accrochage en transfert d’énergie.
Saisie légère du poignet ou avant-bras.
Déplacement court de hanche + activation interne.
Juxtaposition : tirer-relâcher-frapper en un seul souffle.
Points clés :
Le chinkuchi sert de “rupture”, non de force continue.
Activation au moment exact du changement d’angle.
3.2 Shuto chinkuchi (6 min)
Travailler les shuto du Bubishi :
Shuto jodan oblique, shuto chudan intérieur, shuto vers la gorge.
L’intention : couper, trancher, briser la structure.
Focus :
Doigts étirés.
Tension-éclair au moment de l’impact.
Retour immédiat au relâchement.
3.3 Coupe de section – Bubishi techniques 8, 15, 28 (8 min)
Trois familles d’actions :
Traction-brisement du coude.
Rotation-hanche-pivot + percussion.
Descente de centre + impact vertical (comme les dessins avec frappes au sol).
Travail à vitesse moyenne mais avec activation réelle.
4. Travail tactique appliqué (20 minutes)
Thème tactique :
Le chinkuchi comme arme de rupture dans un échange chaotique.
4.1 Entrées courtes (6 min)
Distance bras court.
L’adversaire lance tsuki.
Déflection minimaliste + activation chinkuchi :
Sur le poignet.
Sur le biceps.
Sur la clavicule.
Effet recherché : “éteindre” l’énergie adverse comme un disjoncteur.
4.2 Cassures structurelles (6 min)
À partir d’un contact avant-bras :
Pousser-tirer sec.
Chinkuchi sur les points faibles : sternum, flanc, base du crâne.
Toujours relâcher immédiatement après l’impact.
4.3 Contre-offensive type Bubishi (8 min)
Scénario :
Saisie du col.
Coup de tête court interne.
Descente de centre.
Frappe de poing chinkuchi au plexus.
Finalisation : shuto ou keito.
L’ensemble doit se dérouler en moins de 2 secondes.
5. Retour au calme interne (5 minutes)
5.1 Dissolution des tensions
Passage debout → état neutre.
Relâcher bras, cages, épaules.
Respirer dans le bas-ventre.
5.2 Alignement final
Sentir le minuscule reste de chinkuchi dans tout le corps, mais dilué, subtil, apaisé.
Notes pédagogiques pour enseignant:
Ne pas corriger la forme extérieure tant que l’intérieur n’est pas activé.
Faire répéter les micro-explosions jusqu’à ce que les élèves sentent l’effet “élastique” du corps.
Exiger une respiration silencieuse, sinon ce n’est pas du chinkuchi mais de la contraction musculaire.
Toujours revenir au relâchement : le chinkuchi n’est qu’un instant.

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