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Bubishi et Iliade même sens du combat

 

L'esprit doit être libre (Gichin Funakoshi)

 



Voici une exploration plus fluide de ces quatre piliers de la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) et de leur incarnation concrète dans les formes martiales (Kata ou Tao Lu).
​En Orient, le corps est un paysage où circulent des souffles. Ces quatre animaux ne sont pas des métaphores, mais des états physiologiques que le pratiquant de karaté ou de kung-fu doit savoir invoquer.
​Le Dragon Vert : L'Éveil de l'Est et du Bois
​Le Dragon régit le Foie, garant de la souplesse des tendons. S’il est bloqué, l’énergie stagne et la colère surgit ; s’il circule, il apporte la vision et la stratégie.
​On retrouve le Dragon dans les mouvements circulaires et les changements de direction imprévisibles. Dans le karaté, le kata Unsu (« Main dans le nuage ») incarne cette essence : l'élévation vers le ciel, suivie d'une redescente fulgurante. Le passage au sol avec le saut final exprime cette nature céleste et insaisissable. Le Dragon est aussi présent dans le Sanchin, non par le mouvement, mais par la tension interne des tendons qui transforme le corps en une structure à la fois flexible et indéracinable.
​« Le Dragon se cache dans l'abîme pour mieux s'élancer vers les cieux. » — Sagesse classique.


​Le Phénix Rouge : Le Feu du Sud
​Le Phénix habite le Cœur. Il est le maître du Shen, l'esprit qui brille dans le regard. En MTC, un cœur sain donne un geste gracieux et une intention claire.
​Dans les katas comme Kanku-Dai (regarder le ciel), le premier mouvement — les mains formant un triangle s'élevant vers le soleil — est l'expression pure du Phénix. Il symbolise l'ouverture du thorax, libérant l'énergie du cœur et l'expansion de la conscience. C'est le moment où le pratiquant n'est plus dans le combat, mais dans la connexion avec l'univers.
​Le Tigre Blanc : Le Souffle du Métal
​Le Tigre est le gardien des Poumons et de la peau. Sa force est celle du "tranchant". Il exprime la capacité de contraction brutale et de relâchement immédiat.
​Le kata Heian Sandan ou les formes de style Uechi-Ryu regorgent de « griffes du tigre ». Les blocages en force et les frappes paume ouverte sollicitent le méridien du Poumon. Dans le kata Gankaku (la grue sur le rocher), bien que le nom évoque l'oiseau, la puissance de frappe et l'ancrage final après l'équilibre sont la signature du Tigre qui bondit sur sa proie.
​« Le souffle du Tigre fait naître le vent dans la vallée. » — Proverbe taoïste.
​La Tortue Noire : L'Eau et l'Essence
​La Tortue, liée aux Reins, est le réservoir de notre énergie ancestrale (Jing). En MTC, elle gère les os et la structure profonde. Elle est l'animal de l'hiver, du retrait et de la force cachée.
​On trouve la Tortue dans les postures basses et inébranlables comme le Shiko-dachi ou le Kiba-dachi. Le kata Hangetsu (Demi-lune) est l'exemple parfait : la respiration est lente, profonde, comprimant l'énergie vers le bas-ventre (le Hara). Ce mouvement de "compression de l'eau" renforce les reins et densifie la structure osseuse, rendant le pratiquant impossible à déraciner.
​L'Unité des Animaux dans le Mouvement
​La pratique martiale n'est au fond qu'une alchimie : on utilise la Tortue pour ne pas tomber, le Tigre pour frapper, le Dragon pour esquiver et le Phénix pour rester lucide.
​Comme l'enseignait le Maître Gichin Funakoshi :
​« L'esprit doit être libre, le corps doit être contraint. »
​Cette contrainte n'est rien d'autre que l'alignement sur les lois de la nature représentées par ces animaux. Sans la vitalité du Phénix, le Tigre n'est qu'une brute ; sans la stabilité de la Tortue, le Dragon s'égare.

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