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L'Art du Kyusho Jutsu

 



: Les Points Vitaux Essentiels pour les Experts
Le Kyusho Jutsu, cet art ancestral des points vitaux, n'est pas une simple collection de cibles anatomiques. C'est une science profonde du corps humain, où chaque frappe précise exploite les faiblesses nerveuses, vasculaires et énergétiques pour neutraliser un adversaire avec une efficacité redoutable. Pour les experts, il ne s'agit pas de frapper fort, mais de frapper juste – en comprenant les angles, les directions et les effets neurologiques qui transforment une technique ordinaire en un outil dévastateur.
Comme le disait Evan Pantazi, l'un des maîtres contemporains les plus reconnus : « Kyusho n'est pas de la magie ou des points acupuncturaux mystiques, mais une étude réaliste des structures anatomiques humaines. C'est le cœur caché de tous les arts martiaux traditionnels, transmis autrefois en secret via les kata. » Pantazi insiste sur le fait que le vrai Kyusho repose sur l'anatomie occidentale autant que sur les méridiens orientaux, rendant les effets reproductibles et scientifiquement explicables.
George Dillman, pionnier qui a popularisé le Kyusho en Occident, ajoutait : « Les kata ne sont pas de simples danses ; ils codent des applications sur les points vitaux, supprimées pendant des générations pour des raisons de sécurité. » Dillman a démontré que comprendre ces points change radicalement l'interprétation des formes traditionnelles.
Pour les passionnés avancés, voici les points vitaux les plus critiques – ceux que les experts priorisent pour leur accessibilité, leur dangerosité et leur polyvalence en combat réel. Ces points provoquent non seulement une douleur intense, mais aussi des dysfonctionnements neurologiques : perte d'équilibre, chute de pression artérielle, blackout cérébral ou paralysie temporaire.
Le point Triple Heater 17 (TW-17 ou Triple Réchauffeur 17), situé juste derrière le lobe de l'oreille, dans la dépression entre la mandibule et le processus mastoïde, est l'un des plus dangereux. Une frappe modérée ici peut causer un choc vagal immédiat, entraînant une perte de conscience ou une désorientation totale. Les experts l'utilisent pour escalader ou désescalader : une pression légère contrôle, une frappe ferme neutralise. Pantazi le décrit comme un « point de brain shock » quand combiné à des voisins comme TW-18.
Ensuite, Stomach 9 (ST-9), au niveau de la carotide, où l'on sent le pouls sur le bord du muscle sterno-cléido-mastoïdien. Ce point interagit directement avec le sinus carotidien, qui régule la pression sanguine. Une activation correcte provoque une vasodilatation massive : le cerveau reçoit un signal erroné de surpression, le cœur ralentit brutalement, et l'adversaire s'effondre. Dillman l'a souvent démontré comme un KO instantané. À côté, ST-10 offre des effets similaires mais plus orientés vers le nerf vague.
Gall Bladder 20 (GB-20), à la base du crâne, de part et d'autre de la nuque, est un classique pour les experts. Une frappe bilatérale (des deux côtés) surcharge le système nerveux, causant vertiges, nausées et blackout. C'est un point de « wind gate » dans la tradition, où le vent (énergie perturbée) entre et déséquilibre tout le corps.


Lung 1 (LU-1), sur la poitrine, en haut et en dehors du pectoral, est vulnérable aux frappes descendantes. Il affecte directement la respiration et le système nerveux autonome, provoquant une panique respiratoire ou une faiblesse générale. Les maîtres l'associent souvent à des attaques qui « vident les poumons d'énergie ».
Gall Bladder 31 (GB-31), sur la cuisse externe, cible le nerf sciatique périphérique. Une frappe latérale engendre une jambe morte instantanée, idéale pour déséquilibrer un adversaire en mouvement.
Enfin, Spleen 21 (SP-21), sur les côtes latérales, est connu comme le « grand embrasseur » pour son effet sur le diaphragme et les nerfs intercostaux. Une activation bilatérale peut stopper la respiration et causer un choc systémique.


Ces points ne fonctionnent pas isolément chez les experts. On les combine selon le cycle des éléments ou le flux nerveux. Par exemple, attaquer TW-17 suivi de GB-20 amplifie le choc cérébral.
Pour illustrer avec les kata, prenons Heian Shodan (Pinan Nidan) : le premier blocage ascendant, souvent vu comme une parade simple, cible en réalité GB-20 quand l'adversaire avance la tête. Les trois coups de poing consécutifs ? Le premier vers LU-1, le deuxième vers le plexus (CV-14 lié au cœur), le troisième vers ST-9. Dillman et Pantazi ont décortiqué ainsi des dizaines de kata : dans Naihanchi (Tekki Shodan), les mouvements latéraux en kiba-dachi frappent GB-31 et le nerf péronéal pour faire tomber les jambes. Dans Kusanku, les sauts et descentes visent TW-17 et la base du crâne.
Un autre exemple classique est Seisan : les frappes en croix codent des attaques bilatérales sur GB-20 et BL-10 (base du cou), provoquant un blackout neurologique. Comme le soulignait Seiyu Oyata, maître d'Okinawa et mentor indirect de Dillman : « Les anciens kata sont des manuels de Kyusho ; sans cette clé, on ne voit que la forme vide. »
Le Kyusho Jutsu demande une responsabilité immense. Les maîtres insistent sur les techniques de réanimation (Kuatsu) pour contrer les effets – frapper le sternum ou activer des points opposés pour relancer le flux. Pantazi répète : « Ce n'est pas pour détruire, mais pour contrôler avec le minimum de force. »


Pour les passionnés, explorer ces points transforme votre pratique. Les kata deviennent vivants, les bunkai infinis. C'est le niveau où le karate redevient un art de vie ou de mort, précis et impitoyable. Maîtrisez-les, et vous comprendrez pourquoi les anciens disaient : « Un seconde de combat » – one second fight.

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