Le Bubishi, souvent appelé la « Bible du Karaté », est un texte ancien qui a profondément influencé les maîtres d'Okinawa. Les « 48 schémas de combat » (ou figures de Kumite) constituent une section cruciale de cet ouvrage, illustrant des principes d'autodéfense basés sur le Kung Fu de la Grue Blanche et de la Boxe du Moine.
Le dessin numéro 16 est particulièrement intéressant car il traite de la gestion d'une saisie de face et de la transition vers une contre-attaque dévastatrice.
Description visuelle du dessin n°16
Le dessin représente généralement deux personnages dans une posture dynamique :
L'agresseur tente de saisir le défenseur, souvent au niveau du col ou des épaules, pour le contrôler ou le projeter.
Le défenseur est représenté en train de dévier l'attaque tout en préparant ou en exécutant une frappe simultanée. La posture montre souvent un pivot du corps (Tai Sabaki) pour sortir de la ligne de force de l'adversaire.
Les techniques et principes du schéma 16
Ce schéma ne se limite pas à un seul mouvement, mais enseigne plusieurs concepts clés du combat rapproché :
Le déséquilibre par la torsion (Chin Na) : La technique propose d'utiliser une main pour saisir le poignet ou le coude de l'assaillant afin de créer une levier. En tournant le bras de l'adversaire vers l'extérieur ou l'intérieur, on brise sa structure et on l'empêche de frapper avec son autre main.
La frappe aux points vitaux (Kyusho Jutsu) : Le dessin suggère une contre-attaque ciblant des zones sensibles. Dans cette configuration, les cibles privilégiées sont :
Le plexus brachial (sous l'aisselle ou sur le côté du cou).
Les côtes flottantes (pour couper le souffle).
Le visage (notamment les yeux ou la mâchoire).
L'utilisation du coude (Empi) : Comme la distance est très courte (corps à corps), le schéma 16 met l'accent sur l'usage du coude pour percuter. Plutôt que de chercher un coup de poing long, le défenseur utilise la rotation des hanches pour délivrer une onde de choc à bout portant.
L'interception « Main de Grue » : On y retrouve souvent le concept de la « main qui agrippe » (Kake-te). Au lieu de simplement bloquer, le défenseur « colle » au membre de l'adversaire pour ne plus le lâcher, transformant une défense en une opportunité de clé articulaire.
Application pratique
Dans les écoles de karaté traditionnel (comme le Goju-ryu ou l'Uechi-ryu), ce schéma est souvent interprété comme un Bunkai (application) d'un mouvement de kata. Il enseigne que face à une saisie de force, la réponse ne doit pas être la force brute, mais la déviation, le contrôle d'un joint articulé et la percussion immédiate d'un point vital.

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