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Kyusho jutsu et kata Seisan

 


L'analyse de Seisan (ou sa variante Shotokan, Hangetsu) révèle l'essence même du Kyusho Jutsu : la gestion de la ligne centrale et l'exploitation des structures nerveuses lors de la saisie. Contrairement à la vision simpliste d'un kata de "force", il s'agit d'une étude sur la rupture systémique de l'adversaire.
​1. La marche en croissant (Hangetsu-dachi) : Compression fémorale
​La posture n'est pas seulement une base de stabilité, c'est une arme offensive.
​Application Kyusho : Lors de l'avance, le genou et le pied du pratiquant viennent compresser la face interne de la cuisse de l'adversaire. La cible est le nerf fémoral (proche de Liver 11/12). Une pression précise ici provoque une dérobade instantanée de la jambe, brisant la structure de l'adversaire avant même l'impact des membres supérieurs.


2. Le triptyque initial : Uchi-Uke et Gyaku-Zuki
​Dans Seisan, les trois premiers mouvements ne sont pas des blocages suivis de contre-attaques, mais une séquence de contrôle neurologique.
​Le contrôle du bras (Triple Warmer 11/12) : L'Uchi-Uke ne dévie pas un coup ; il percute le nerf radial juste au-dessus du coude. Cette percussion crée une paralysie transitoire de la main (lâcher de saisie ou incapacité à fermer le poing).
​La frappe au plexus brachial (Stomach 12) : Le coup de poing qui suit n'est pas dirigé vers le sternum (os trop résistant), mais dans le creux sus-claviculaire. En frappant le plexus brachial, on induit un choc neurogénique qui peut provoquer un arrêt respiratoire temporaire ou une perte de conscience.
​3. Le "Morote-Zuki" et la saisie des côtes
​Dans la partie centrale de Seisan, on retrouve des mouvements de mains ouvertes ou des doubles frappes sur les flancs.
​Cible : Le nerf thoracique long (Spleen 21) : Situé sur la ligne axillaire moyenne, ce point (le fameux "Dabao") est extrêmement vulnérable. Une percussion ici affecte le nerf intercostal et peut provoquer un spasme du diaphragme.
​Réalité technique : Ce n'est pas une "énergie bloquée" qui cause l'évanouissement, mais le choc transmis à la plèvre et la réponse réflexe du système nerveux autonome face à une agression des nerfs sensitifs thoraciques.


​4. Le Mawashi-Uke final : Désarticulation et points cervicaux
​Le mouvement circulaire des mains (souvent vu à la fin du kata) est une clé de tête ou une saisie de gorge.
​Le triangle carotidien (Stomach 9 / Small Intestine 16 & 17) : En appliquant une pression rotative sur le côté du cou, on stimule simultanément le sinus carotidien et le nerf vague.
​Mécanisme expert : La rotation imprimée par le kata simule une torsion cervicale qui, couplée à la pression sur les barorécepteurs, court-circuite le contrôle de la pression artérielle par le cerveau, menant à une chute immédiate de la tension (K.O. technique).
​Dénonciation du mythe de "l'énergie" dans Seisan
​Certains courants affirment que Seisan travaille "l'élément eau" ou "le méridien du rein". Pour un expert en biomécanique, c'est une métaphore qui cache la réalité : Seisan travaille la pression hydrostatique du corps (circulation sanguine et liquide céphalo-rachidien).
​L'erreur marketing : Faire croire qu'en respirant d'une certaine manière, on "charge" ses mains pour que le Kyusho fonctionne.
​La réalité : La respiration forcée (Ibuki) sert à augmenter la pression intra-abdominale pour protéger ses propres points vitaux (fascias) tout en stabilisant la structure pour maximiser le transfert de force (Torque) vers les points nerveux de l'adversaire.

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