Le kata Kushanku (ou Kanku-dai) est souvent considéré comme l'encyclopédie vivante des principes du Bubishi. Historiquement, le Kushanku intègre des techniques de combat nocturne et de corps à corps issues du Kempo chinois qui correspondent directement aux 48 figures.
Voici les correspondances les plus marquantes entre les séquences du kata et les principes de votre liste.
L'ouverture et la gestion de l'élan (Figures 1, 6 et 42)
Dès le premier mouvement, le regard suit le cercle des bras vers le ciel. C’est la mise en application de la Figure 42 (déplacement pour éviter) et de la Figure 6 (garde haute). Lorsque vous descendez en position basse, vous utilisez la Figure 1 : laisser l'adversaire s'engager dans le vide créé par votre retrait pour utiliser sa propre force contre lui.
Les doubles blocages et frappes vitales (Figures 7, 27 et 30)
Le passage "Manji-Uke" (un bras en haut, un bras en bas) et les doubles blocages latéraux sont des illustrations directes de la Figure 7 (frapper des deux côtés) et de la Figure 27. Dans Kushanku, ces mouvements ne sont pas des blocages mais des percussions simultanées sur des points vitaux (tempe et côtes ou gorge), ce qui renvoie à la Figure 30.
Les saisies de jambes et projections (Figures 5, 12 et 18)
Le passage célèbre où le pratiquant s'abaisse au sol pour effectuer un balayage ou une esquive basse correspond aux Figures 12 et 18. Dans le kata, on simule l'entrée sous le centre de gravité de l'adversaire pour saisir les jambes et basculer l'agresseur vers l'arrière, une technique de survie typique du Bubishi contre un assaillant plus puissant.
Les piques aux yeux et contrôles de la tête (Figures 4, 19 et 33)
Les mouvements de "Nukite" (main en pointe) dans Kushanku sont la mise en pratique de la Figure 19 (pique aux yeux). De plus, les rotations brusques du buste avec les mains à hauteur de visage dans le kata simulent la Figure 4, où l'on saisit la mâchoire ou l'arrière du crâne pour briser l'alignement cervical.
Les techniques de "sacrifice" et ciseaux (Figures 3 et 29)
La fin du kata Kushanku contient souvent un saut ou une chute (selon les styles). Ce mouvement est l'héritage direct de la Figure 29 (projection en sacrifice) et peut être interprété comme un ciseau de jambes, correspondant à la Figure 3. On accepte de perdre son propre équilibre vertical pour garantir la chute destructrice de l'adversaire.
Les saisies de poignets et clés (Figures 8, 20 et 39)
Toutes les phases de retrait de la main vers la hanche (Hikite) dans Kushanku, lorsqu'elles sont couplées à un pivotement, sont des applications de la Figure 20 (tordre le poignet pour déséquilibrer) et de la Figure 39. Le coude qui frappe en arrière après une saisie imaginaire est la traduction physique du principe de traction-torsion décrit dans le Bubishi.
Chaque mouvement de Kushanku n'est pas une simple parade, mais une opportunité de saisie (Tuite) ou de frappe nerveuse, validant l'idée que ce kata est la mise en mouvement des 48 dessins.


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