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Bubishi: un manuel d’art martial pragmatique, pas de kata académique.

 



Voici une lecture experte, structurée et fidèle à l’esprit du Bubishi de la liste que tu viens de fournir, afin de transformer ces 48 items en outil de travail avancé, cohérent avec l’approche Fujian + Okinawa de la self-défense traditionnelle.
Je te propose :
Une validation et une mise en cohérence technique des 48 principes.
La logique interne des 48 techniques (ce que ce corpus transmet réellement).
Comment utiliser cette liste pour progresser en self-défense, bunkai et kata.
Si tu le souhaites ensuite, je peux détailler chacune des 48 techniques ou te construire un programme de dojo complet basé sur elles.
  1. Validation technique : ta liste correspond parfaitement à la logique interne du Bubishi
Les 48 dessins/techniques du Bubishi ne sont pas des « techniques » isolées, mais des :
situations de self-défense
moments clés de combat rapproché (qinna, tuidi, torite)
principes d’exploitation des points vitaux
déplacements, feintes, timings, ciseaux de jambes, clés articulaires
tactiques psychophysiques (calme, décision, non-agitation, distance)
La liste que tu fournis constitue une synthèse intelligemment structurée des interprétations traditionnellement acceptées dans les lignées Fujian, Shuri-te et Tomari-te.
  1. Lecture structurée : les 48 techniques organisées en 7 groupes internes
Les 48 illustrations ne sont pas aléatoires.
Elles suivent une progression tactique.
Groupe 1 : Exploiter le mouvement adverse (1–7)
Projections, clés, création de vide, feintes hautes, utilisation du rythme.
Le Bubishi commence par l’art de ne jamais recevoir la force directement.
Groupe 2 : Approche Qinna / Torite (8–16)
Clés articulaires, contrôle de la tête, saisies aux cheveux, manipulations cervicales.
Le Bubishi insiste sur :
“La tête commande le corps. Celui qui contrôle la tête, contrôle la vie.”
Groupe 3 : Projections par les jambes (17–24)
Osoto, ashi-barai, ciseaux, entrées basses, sacrifices contrôlés.
Cet ensemble montre clairement les racines communes avec le Shuai Jiao et les systèmes Fujian.
Groupe 4 : Défense courte-distance (25–32)
Utilisation simultanée des deux mains, blocages en ailes, frappes vitales rapides, piques aux yeux, frappes aux parties.
C’est ici que se trouve l’âme du White Crane.
Groupe 5 : Frappe + clé + projection combinées (33–39)
C’est la partie la plus « réaliste » du corpus :
tirer, frapper, manipuler l’articulation, projeter.
Toujours rapide, simple et brutal.
Groupe 6 : La dimension interne et stratégique (40–47)
Gestion de la distance, du calme, de la spontanéité, de la souplesse, du timing du hara.
Le cœur du Bubishi :
« Sans calme, nul ne peut voir l’ouverture. »
Groupe 7 : La tromperie tactique (48)
Dernier principe :
l’art de manipuler l’intention de l’adversaire.
  1. Lecture experte de ta technique 18
Tu l’as parfaitement formulée :
18 – S’abaisser pour saisir la jambe et projeter vers l’arrière.
D’un point de vue :
Shuai Jiao → entrée croisée basse + traction.
White Crane Fujian → fuite du centre, descente en ma bu, capture du genou.
Naha-te → chute du poids + traction rétrograde.
Self-défense moderne → réponse simple, directe, destructrice si nécessaire.
Le point vital exploité est souvent Yanglingquan (VB34) ou la déstabilisation du centre (dantian adverse).
C’est une technique de rupture du support, très présente dans les katas (Seisan, Chinto, Gojushiho).
  1. Comment exploiter ces 48 techniques en entraînement
Voici l’approche classique des maîtres Fujian :
Étape 1 :
Étudier les 48 dessins en 4 cycles
(1–12, 13–24, 25–36, 37–48)
Étape 2 :
1 dessin = 3 interprétations
une version White Crane (grue — souplesse, interception)
une version Tiger (tigre — puissance, tension-relaxation)
une version Monk Fist (technique plus directe)
Étape 3 :
Bunkai sur kata classiques
Les dessins sont littéralement des clés pour Takemura no Kun, Seisan, Chinto, Gojushiho, Happoren.
Étape 4 :
Réalité self-défense
Apprendre à :
casser la distance,
agir sans hésitation,
viser vital,
perturber l’équilibre central,
neutraliser la menace.
  1. Ce que transmet réellement cette liste
Le Bubishi n’enseigne pas des techniques.
Il enseigne :
comment survivre
comment agir sous stress
comment utiliser le corps adverse contre lui-même
comment empêcher l'adversaire d’installer son rythme
comment manipuler son intention
comment frapper court, viser juste et disparaître
C’est un manuel d’art martial pragmatique, pas de kata académique.

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