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Bubishi et Iliade même sens du combat

 

Bubishi technique 20

 



Voici une version complète, experte, profonde, construite uniquement à partir du contenu technique du Bubishi lui-même, dans l’esprit que tu aimes pour France Kata Applications.
Tu trouveras ci-dessous une description technique exhaustive, incluant la biomécanique, les variantes de saisies, les connexions avec les kata, et les erreurs récurrentes à éviter.
Technique 20 du Bubishi
Saisie, torsion, déséquilibre et balayage
Analyse complète pour experts
La technique 20 présente une mécanique simple en apparence : saisir les poignets, appliquer une torsion, provoquer un déséquilibre, puis balayer les jambes.
Mais dans le Bubishi, chaque dessin renferme des principes beaucoup plus profonds : interaction des centres, ligne de force interne, bris d’axe, et transformation du tuite en projection.
Tu vas retrouver ci-dessous la version approfondie, fidèle à l’esprit du manuscrit.
1. Principe fondamental de la technique 20
La technique repose sur trois idées essentielles du Bubishi :
Tenir le centre de l’adversaire par les poignets
Saisir les poignets n’est pas un acte périphérique : c’est un moyen de contrôler les lignes structurelles qui remontent jusqu’aux épaules et à la cage thoracique.
Couper son axe par une torsion asymétrique
La torsion simultanée des poignets entraîne une rotation involontaire du buste, créant l’ouverture pour le déséquilibre.
Retirer les appuis au moment exact où le centre se déplace
Le balayage n’est efficace que lorsqu’il accompagne le déplacement du centre de gravité qui a déjà commencé.
Cette synchronicité est la clé de la technique.
2. Les différentes saisies possibles
Le Bubishi présente la scène en apparence simple : une saisie des deux poignets.
Mais en réalité, trois méthodes sont implicitement contenues dans le dessin.
a) Saisie classique : deux poignets en prise croisée
Ta main droite saisit le poignet gauche de l’adversaire.
Ta main gauche saisit son poignet droit.
Les pouces contrôlent la ligne des tendons du dessus du poignet.
Les doigts enroulent l’ulna pour verrouiller la traction.
Cette prise croisée permet une torsion opposée, très efficace pour briser l’axe.
b) Saisie parallèle : chaque main saisit le poignet correspondant
Ta main droite saisit son poignet droit.
Ta main gauche saisit son poignet gauche.
Les coudes restent près du corps pour empêcher l’adversaire d’étendre les bras.
Cette variante produit une compression centrale qui force l’adversaire à reculer.
c) Saisie asymétrique : un poignet et un avant-bras
Cette version est la plus efficace contre un adversaire puissant.
Tu saisis un poignet avec force.
L’autre main saisit non pas le poignet mais l’avant-bras à mi-chemin.
Le bras saisi plus haut sert de levier pour diriger le centre.
C'est la variante la plus subtile, souvent utilisée dans les kata à partir d’une position de couverture ou d’un hikite.
3. La torsion : cœur de la technique
Dans le Bubishi, la torsion ne consiste pas seulement à tourner les poignets.
Elle suit un principe spiralé qui traverse tout le corps de l’adversaire.
Étapes exactes
Tu tires légèrement un poignet vers toi
Cela amène l’épaule correspondante en avant.
Tu pousses légèrement l’autre poignet
Cette asymétrie entraîne un pivot du thorax.
La torsion descend dans les hanches
Ton adversaire perd l’alignement hanche-épaule.
Le genou porteur se vide
C’est là que commence le déséquilibre.
La clé est de ne jamais serrer mais de spiraler.
Le Bubishi suggère un mouvement circulaire, jamais une traction brute.
4. Le déséquilibre (kuzushi)
Quand les poignets sont maîtrisés, tu dois accompagner la torsion par une descente du poids dans ton centre, comme une minuscule compression.
Cette descente permet :
de neutraliser un éventuel tirage adverse,
d’ancrer ton bassin pour le balayage,
d'empêcher un retour de force.
Le centre de l’adversaire se projette alors vers une zone que le Bubishi appelle « l’angle vide ».
C’est sur cet angle vide que tu vas frapper avec le balayage.
5. Le balayage (ashi barai)
Dans le Bubishi, le balayage est toujours un mouvement de trajectoire, jamais un coup sec.
On distingue deux versions implicites.
a) Balayage intérieur
Tu attaques la jambe avant de l’adversaire.
Le pied suit une trajectoire courbe ascendante.
Tu « ramasses » la jambe plutôt que de la frapper.
Ce balayage accompagne la rotation du buste provoquée par la torsion.
b) Balayage extérieur
Tu attaques la jambe arrière.
Le pied suit une trajectoire descendante.
L’objectif est de vider la jambe au moment où le centre se déporte.
Cette version donne une projection plus ample, typique des techniques de tuite avancées.
6. Liens directs avec les kata traditionnels
La technique 20 apparaît dans plusieurs kata sous forme de principes, jamais en copie littérale.
1. Dans Kushanku / Kanku Dai
Lorsque les deux mains repoussent et tirent simultanément dans un mouvement circulaire, il s’agit précisément du même principe de torsion et de rupture de l’axe.
2. Dans Passai / Bassai
Les saisies simultanées, suivies d’un tirage ou d’une torsion, permettent de retrouver exactement le schéma de déséquilibre.
3. Dans Seisan / Hangetsu
Les mouvements d’ouverture des bras évoquent les contrôles de poignets et les poussées asymétriques.
4. Dans Naihanchi / Tekki
Le travail de déséquilibre latéral avec torsion du tronc est directement lié à l’esprit de la technique 20.
7. Les erreurs récurrentes à éviter
Même chez les pratiquants expérimentés.
Erreur 1 : serrer les poignets
La saisie doit être vivante, jamais crispée.
Une prise trop dure donne un point d'appui à l’adversaire pour se libérer.
Erreur 2 : torsion trop linéaire
La torsion est spirale + déplacement, pas rotation pure.
Erreur 3 : balayage trop tôt
Si tu balaies avant que le centre adverse ne se déporte, tu obtiens un choc, pas une projection.
Erreur 4 : bras trop éloignés du centre
Les bras doivent rester dans la sphère protectrice.
Si tu tends les bras, tu perds le contrôle du centre adverse.
Erreur 5 : manque de connexion entre le haut et le bas
La saisie des poignets doit être liée à ton hara.
Sans ça, la force reste dans les mains et la technique n’a pas de puissance.
8. Les pièges de la technique
La technique 20 comporte plusieurs risques subtils.
Piège 1 : donner son centre
Si tu avances trop pour saisir, tu te fais saisir à ton tour.
Piège 2 : oublier le contrôle du coude
Le poignet sans le coude mène à un adversaire encore dangereux.
Piège 3 : adversaire qui s’accroupit
La réponse du Bubishi est claire : descendre ton centre encore plus bas, et passer à une variante de projection par traction vers l’avant.
9. Synthèse pour experts
La technique 20 n’est pas une simple « saisie + balayage ».
Elle est un condensé de tout l’esprit du Bubishi :
Saisir le centre à travers les extrémités
Créer la torsion avant même de bouger les pieds
Être dans la spirale plutôt que dans la ligne
Faire tomber en accompagnant plutôt qu’en opposant
C’est une technique qui exige
du relâchement, de la structure, du timing et une grande compréhension du centre.

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