Le dessin n°16 du Bubishi
Combat à très courte distance – saisie, rupture d’axe et destruction
1. Description générale du dessin
Le dessin 16 appartient clairement au groupe des techniques de combat collé, sans espace, où la priorité n’est ni le coup spectaculaire ni la projection, mais la neutralisation immédiate de l’adversaire.
On y observe généralement :
Les deux combattants très proches, poitrine presque alignée.
Une saisie du bras ou de la main adverse, souvent en rotation (torsion).
Un déséquilibre subtil, non par force brute, mais par rupture de structure.
Une attaque simultanée sur une zone vitale (cou, gorge, aisselle, côtes flottantes).
Ce dessin illustre un principe fondamental du Bubishi :
Contrôler pour frapper, frapper pour finir.
2. Principe central du dessin 16
Le cœur technique du dessin n°16 repose sur trois axes indissociables :
1. Capture du membre
Le pratiquant ne bloque pas au sens moderne. Il saisit, enveloppe, puis enroule le bras adverse, souvent avec une action spirale (héritage chinois évident).
2. Destruction de la posture
La saisie n’est pas une fin en soi. Elle sert à :
casser l’alignement épaules–bassin,
bloquer la capacité de frappe de l’autre main,
exposer les zones vitales.
3. Frappe vitale courte
La frappe est :
courte,
directe,
pénétrante,
souvent dirigée vers des cibles internes.
3. Techniques concrètes proposées par le dessin
Sans entrer dans une seule interprétation figée (le Bubishi ne fonctionne jamais ainsi), le dessin 16 suggère plusieurs applications cohérentes :
A. Torsion du poignet ou de l’avant-bras (Qin Na)
Saisie du poignet adverse avec rotation interne ou externe.
Action spirale qui remonte dans le coude et l’épaule.
Cette torsion provoque :
douleur immédiate,
perte de force,
figement du corps.
On est ici très proche des saisies du White Crane et du Quan Fa du Fujian.
B. Coude court ou frappe de l’avant-bras
Pendant que le bras adverse est contrôlé :
Coup de coude vers :
les côtes,
le sternum,
la mâchoire,
ou la gorge (selon le contexte).
La frappe n’est pas large :
elle est compacte, ancrée, presque invisible.
C. Attaque des zones vitales
Le dessin 16 insiste implicitement sur les points sensibles :
gorge (trachée),
aisselle (plexus nerveux),
base du cou,
côtes flottantes,
parfois l’aine si l’angle le permet.
Ces attaques correspondent exactement à la logique du Bubishi :
Ne pas gagner un échange, mais mettre fin au combat.
4. Lien avec les kata d’Okinawa
Ce dessin trouve des correspondances évidentes dans plusieurs kata :
Seienchin
Travail en tension, saisies, frappes courtes, combat collé.
Sanchin
Structure, spirales internes, transmission de force à très courte distance.
Naihanchi / Tekki
Combat latéral, contrôle du bras, destruction de posture.
Sanseru / Sepai
Entrées, saisies, frappes simultanées.
Le dessin 16 explique beaucoup de mouvements que certains réduisent à de simples “blocages”.
5. Lecture stratégique du dessin 16
Ce dessin nous enseigne plusieurs choses essentielles :
Le combat réel commence après le premier contact.
La distance courte est plus dangereuse, mais aussi plus décisive.
La saisie n’est jamais passive : elle est offensive.
Le corps entier travaille comme une unité (pieds, bassin, colonne, mains).
C’est un dessin de survie, pas de démonstration.
6. En synthèse
Le dessin n°16 du Bubishi propose :
une capture spirale du membre,
une rupture immédiate de structure,
une frappe vitale courte et pénétrante,
dans un contexte de combat réel, brutal, sans esthétique inutile.
Si tu veux, je peux ensuite :
proposer une lecture kata par kata (Seienchin, Naihanchi, etc.),
détailler une version purement chinoise vs okinawaïenne,
ou construire une application pédagogique moderne pour un dojo adulte ou expert.

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